En guise de commentaire
au portrait flatteur paru dans le Magazine Municipal de FOUESNANT-les GLENAN
Lettre à Monsieur LASCAR, propriétaire à la pointe de Beg Meil.
La presse locale citait très souvent votre nom, M. LASCAR, depuis la promulgation des décrets d’application de cette loi de 1976 qui impose sur les propriétés riveraines de la mer une servitude de passage réservée exclusivement aux piétons. Mais les Fouesnantais auront attendu 2012 pour faire votre connaissance avec cette interview et cette photo publiées dans le dernier magazine municipal.
Vous êtes breton, né à Redon. Vos études chez les Eudistes vous destinaient aux Ordres. Votre avez choisi la voie des paradis fiscaux et vous êtes PDG d’un groupe de 4 sociétés. Vous employez 3.600 personnes. En 2007/2008, ce chiffre était de 4.200. Savez-vous ce que sont devenus ces 600 salariés qui ont participé à bâtir votre fortune, une des dix premières de Bretagne ?
« Je ne suis pas un procédurier », avez-vous déclaré au « journaliste » salarié de M. Roger Le Goff. Mais alors, comment vais-je expliquer à mes petits-enfants qu’il a fallu 35 ans à l’Administration pour prendre un arrêté légalisant la servitude de passage de ce sentier côtier sur votre propriété ?
Permettez-moi ce très bref rappel :
- 1982 : vous introduisez avec Mme Le Page, votre voisine, une requête au Tribunal Administratif de Rennes tendant à annuler un arrêté préfectoral autorisant la pénétration des agents de l’Administration dans les propriétés privées pour procéder aux études de tracé d’un sentier le long de la mer.
La conclusion du mémoire en réponse de M. le Préfet du Finistère de l’époque au Président du Tribunal Administratif mérite d’être rappelée :
« En conclusion, il est hors de doute que les requérants cherchent uniquement à aboutir à une suspension du tracé de la servitude au droit de leur propriété alors que cette suspension n’est jamais une obligation et qu’au contraire, elle doit rester exceptionnelle (art.L160-6 du code de l’urbanisme). C’est pourquoi j’ai l’honneur de demander à votre Tribunal de rejeter la requête susvisée. »… Vous avez été débouté.
- 1988 : le Conseil d’Etat reconnaît que l’implantation de votre maison secondaire dans une parcelle close de murs justifie le déplacement de la servitude.
- 2005 : vous présentez au Conseil d’État une nouvelle requête tendant à annuler l’arrêté préfectoral de novembre 2004 permettant aux agents de l’Administration de reprendre l’étude du cheminement piétonnier le long du littoral Pointe de Beg Meil ; vous réclamez, en outre, de mettre à la charge de l’État - et à votre profit - la somme de 4.000 euros. Vous faites appel à Maître Garreau, célèbre avocat du barreau de Paris, pour défendre votre cause…. Vous êtes une nouvelle fois débouté, monsieur LASCAR.
Curieusement, les attendus de ce jugement de 2005 ne prennent pas en considération le changement d’état de votre propriété, car elle n’est plus close au sens de la loi depuis que vous avez déposé le mur qui séparait votre parcelle (n°41) de celle de Mme Le Page, (n°42), au cours des années 1985/1990. L’autorité préfectorale pouvait donc appliquer rigoureusement les termes la loi de 1976 sur votre propriété dès 1990. Mais vous vous y êtes farouchement opposé pendant plus de 20 ans !
Pour y parvenir, il a fallu 5 enquêtes publiques - aux frais des contribuables - !!!
Alors, c’est quoi « être procédurier » pour un Président-Directeur-Général, Monsieur LASCAR ?
« Je regrette simplement que la politisation du dossier ait entraîné la radicalisation des comportements » déclarez-vous. Le Maire tient un discours tout à fait semblable.
Pour « La Gauche… Naturellement » cette remarque est un compliment. Notre association, en effet, se félicite d’avoir, en 2008, sorti ce dossier de l’ornière juridique (c'est-à-dire « procédurière ») ou vous l’avez enlisé, vous et quelques-uns de vos voisins de la Pointe de Beg Meil. Il est vrai que vous avez bénéficié d’une certaine mansuétude des autorités préfectorales et, surtout, de la part de la majorité de droite de la municipalité. Nous avons placé cette affaire sur la place publique pour informer, argumenter, révéler en exigeant le respect et l’application de la loi. Cette démarche politique a été approuvée par la majorité de la population. Elle a massivement exprimé son opposition au saccage insensé de cet environnement exceptionnel de leur commune que vous proposiez. La « radicalisation » qui vous chagrine n’est rien d’autre qu’une prise de conscience citoyenne d’une population correctement informée. Elle pourrait s’appliquer en d’autres circonstances, c’est sans doute ce qui inquiète le maire UMP de Fouesnant.
Ce dossier n’est pas clos. La réalisation de ce cheminement piétonnier dans ce site remarquable doit prendre en compte la mobilité réduite de certains promeneurs et permettre à tout citoyen de découvrir ce rivage exceptionnel.
Vos propositions ne vont pas dans ce sens. « La GAUCHE … NATURELLEMENT » refuse ces murs de la honte et ces décaissés injustifiés que vous voulez imposer et elle appellera, une fois de plus, la population à s’opposer à vos caprices.
Tristan Bourbigot
Président de l’association « La Gauche… Naturellement »
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